Alors que je finissais d’écrire Cerise au Soleil, je pensais en avoir terminé avec l’histoire d’Esperanza.

Ce n’était pas faux… mais j’avais oublié son amie Rosalie.

C’est elle qui m’a prise par la main.

Au début, j’ai résisté. Puis je me suis laissée entraîner par ce qu’elle me chuchotait. C’est ainsi que l’histoire de Libérer les Secrets a commencé.

Rosalie insistait. Elle voulait que je parle de son enfance, pas très heureuse.

C’est alors que son ami Victor est apparu.

Quand un personnage refuse de vous quitter

À la fin du premier tome de Libérer les Secrets, il m’était impossible de quitter Victor et Rosalie.

Je le ressentais comme un déchirement dans mon corps.

Peu à peu, l’idée d’un deuxième tome s’est faufilée en moi. J’ai été soulagée de ne pas les abandonner.

Le second tome m’a conduite vers Madeleine et Mélanie.

Lorsque je l’ai refermé, j’ai su que l’histoire de Victor et Rosalie étaient terminée.

Ils ne me parlaient plus.

Puis une autre voix se fait entendre

C’est alors qu’Hélène, l’amie de Rosalie, s’est imposée.

Elle m’a entraînée jusqu’au Mexique.

Laisser Entrer la Vie était en train de naître.

Je ne voulais pas abandonner Victor. J’ai essayé de le faire entrer dans cette histoire.

Mais ce n’était pas son moment.

Il s’est écarté.

À la fin de Laisser Entrer la Vie, Victor est revenu.

Il m’a simplement dit : « Je pars au Pakistan. C’est à moi maintenant. »

Les personnages connaissent parfois le chemin avant moi

Alors après le Mexique de l’année 1968, j’ai voyagé avec Victor dans le Pakistan à la fin des années 1960.

La Vie en Filigrane est née.

Mélanie, la mère de Victor, est revenue me parler. Victor lui répondait à sa façon.

J’ai écouté leurs aventures, leurs états d’âme, leurs découvertes.

Rosalie puis Hélène sont revenues à leur tour. Elles souhaitaient reprendre leur place dans ce qui devenait une saga familiale.

Elles m’ont guidée, chacune, pour entrer au bon moment dans cette nouvelle histoire.

Écouter avant d’écrire

Comme vous pouvez le constater, je ne sais jamais à l’avance quelle histoire je vais écrire.

Mes personnages se forment en moi. Ils me prennent par la main. Ils me conduisent dans des pays que je n’ai jamais visités, dans des expositions que je ne connaissais pas.

J’ai appris à les écouter.

À ne pas les forcer à parler.

J’ai essayé, pourtant. Mais lorsque je me trompe, mon corps me le fait aussitôt sentir.

Des tensions apparaissent. Le plaisir disparait. Une tristesse m’habite. Je deviens impatiente ou nerveuse.

Parfois, les mots ne viennent plus.

Et lorsqu’ils viennent malgré tout, ils sonnent faux.

Alors je ferme l’ordinateur.

Je marche.

J’écoute de la musique.

Je visite une exposition.

Je laisse les choses se déposer.

Peu à peu je retrouve ce lieu intérieur où je peux entendre la voix de mes personnages.

Si vous découvrez bientôt La Vie en Filigrane, j’espère que vous entendrez à travers la voix de Mélanie et Victor, un écho qui fera peut-être résonner votre propre histoire.

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